Le blog à Lydia M.
Mes (més)aventures, ma vie, mon oeuvre. Du palpitant en veux-tu en voilà, forcément.
Un petit commentaire en privé ? mesaventures(at)gmail.com


 

Avant j'écrivais là :
Paris15.fr
Film à voir

Souvent je traîne par là :
(Suisse mais) Bon pour ton poil
So Tangibeule
Khazâd, feignant, l'a arrêté (mais en fait, non, mais en fait si)
Lelapin
Schtroumpfs
Wayne, feignant, comme Khâzad (mais en fait, non, mais en fait si)
Du bon miam
Yeux ouverts


 

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     Posté par Lydia M. le 17.5.05

Mon lundi de Pentecôte

Hier, la question était sur toutes les lèvres : tu bosses ?
Ma boîte était fermée, tout le monde en RTT obligatoire, un genre de compromis, acceptable, dans le bordel ambiant. Egoïstement, j'ai envoyé le Timinus à l'école (ce contre les recommandations de la FCPE).
Mais j'avais des trucs à faire, et puis je suis allée le chercher à 16h30, avec un goûter de rêve, et assez proustien : un reste de très bonne baguette de chez Kayser, des mini-tablettes de chocolat Milka (celui qui est conditionné par la marmotte), une banane...

En sortant de ma salle de sport, où, une fois n'est pas coutume, j'allais sans cette personne, je décidais d'aller rendre visite à une très vieille dame, dans un hôpital du 16è.
Cette très vieille dame, de plus de 92 ans, est la cousine de ma grand-mère maternelle : c'est aussi l'une des rares encore en vie de cette génération-là...
Elle se retrouve là parce qu'elle ne peut plus vivre seule, devenue quasi-aveugle...
Cette femme, énergique, indépendante, fit un mariage d'amour avec un homme qui mourut pendant la guerre, puis vécut une longue histoire tumultueuse avec un italien, pilote de course automobile, contemporain de Fangio et de Enzo Ferrari.
Bavarde, curieuse, enjouée, coquette, voilà comment je la voyais...
Je crois que je préfère garder cette image là...plutôt que celle de cette femme recroquevillée, angoissée, perdue, qui attend juste que la mort vienne la cueillir, si possible dans son sommeil...
Cette attente prolongée, dans la quasi-obscurité, est un long supplice pour elle, qui a encore toute sa tête.
Loin d'être désorientée, la première chose qu'elle fit quand je m'annonçais, fut de me souhaiter un bon anniversaire.
Ma visite fut pour elle un vrai bonheur : j'ai pu l'aider à déjeuner, à amener sa cuiller dans sa bouche, à raccrocher convenablement le téléphone, lui parler de la famille, des enfants qui grandissent...Avant de partir, je l'ai installée sur son lit, mis sa robe de chambre sur ses pieds...
Et puis deux bises sur ses joues fripées et creusées...
Malgré moi, je lui ai dit à bientôt, parce qu'il fallait bien dire quelque chose en partant, et parce qu'un au revoir avait peut-être une connotation trop "définitive"...
Mais j'ai eu du mal à y croire...

La confrontation avec la vie qui se finit n'est pas une partie de plaisir, parce que, forcément, ça ramène à soi, avec son lot d'interrogations et d'angoisses sur sa propre fin et celle des proches...
Mais aussi, ça oblige à se remuer, à profiter de chaque minute qui passe, à vivre pleinement sa vie.
Si chaotique qu'elle soit.

Je le sais bien, tout ça est somme toute assez banal et pas d'une gaieté folle.
Mais ça va mieux en le disant...